Allons faire un tour au XVII ° siècle à Florence.
On y rencontre une certaine Faustine, veuve de Joseph Petrucci, encore jeune et pourvue de revenus plus que satisfaisants. Cette brave dame décide d'ouvrir en
1631 une maison pour recueillir, éduquer et protéger les jeunes filles pauvres de la ville.
Initiative fort louable, direz-vous, tout comme le pensèrent aussi les bons bourgeois de la ville qui s'empressèrent de faire de fortes donations pour
promouvoir la bonne marche de ce collège ante-litteram. Faustine confie la direction spirituelle de ses protégées à Don Pandolfe Ricasoli, qu'on disait humble et charitable. Mais le diable
toujours aux aguets décida d'intervenir et les choses allèrent dans une direction que personne n'aurait pu imaginer....
Toutes ces filles qui tournaient autour de lui comme des papillons autour d'une lampe réveillèrent chez le pauvre Pandolfe des appétits pas si assouvis que ça...
Que faire pour arriver à ses fins sans trop se compromettre ? Calmement, mais avec la légéreté d'un tank de combat, il commença le lavage de cerveau des demoiselles et de
leur tutrice. Puissance de la parole, il réussit à convaincre la jeune veuve et ses protégées de la bonté des désirs de la chair, qui ne sont pas péchés mais bien au contraire des oeuvres
méritoires et des victoires éclatantes contre le démon ...
Il obtint une adhésion si enthousiaste à ses théories qu'il dut appeler à la rescousse quelques amis, ne pouvant tout faire tout seul...
Pendant une dizaine d'années, le collège fonctionna de la manière la plus profane possible, à la grande satisfaction de la veuve, des demoiselles et de leurs
instructeurs.
Mais tout a une fin. L'affaire fut découverte, (il y a des mauvaise langues jalouses partout), et le procès se termina par la condamnation de la veuve et de
Pandolfe, les autres participants eurent leurs biens confisqués, un seul des "précepteurs " échappa au verdict; il était déjà mort...de fatigue sans doute!
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