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Je réédite un article de 2006 de l'ouverture de mon blog où je n'avais pas eu de coms...
12 avril 2006.....ROME, 8h.30
L’attente, la peur... L’avion sur la piste comme un fauve au repos, les flancs qui pulsent d’une respiration mécanique... Des fourmis, tout autour, chargent dans son large ventre les ridicules paquets que les hommes emportent avec eux...
Rires de groupes en vacances.... Odeur de café chaud, réconfortant....
L’ hôtesse de la porte 7 commence à s’agiter...
On embarque.
Attente encore sur l’avion, l’estomac se contracte, sensation d’oppression, l’air lourd que l’on respire est à couper au couteau...sons étrangers de langues ronronnantes, musique pop hors du contexte..
10h05
On vole vers le sud. Passage sur les nuages comme un tapis de neige que le soleil fait briller, eau bleue de coussins d’air...L’avion monte encore.
« Chi mi c’ ha mandata ? » l’expression jaillit spontanément à l’esprit : « qu’est-ce que je fous ici?”
Grâce à l’expression italienne, je rejette la "faute" sur un probable coupable qui me décharge de toute responsabilité.... mes lunettes sont embuées ...déjà !
Qu’est-ce qui se passe, le vol a du retard.... presque une demi-heure. Je suis en train de faire un saut de 44 ans vers ma jeunesse...je ne veux pas perdre encore du temps...
La voix nasillarde d’un steward qui donne des renseignements « en cas d’accident » que personne n’écoute ; répétés en anglais, les sons sont encore plus nasillards.
Vitesse régulière, nerfs qui se détendent, exercice d’auto-contrôle de la respiration, ça va. Terre ?! non ! probablement une île, trop tôt ! Fausse alerte. Le coeur, oisillon apeuré, bat fort.
10h30 .
Les nuages passent, leur luminosité est insoutenable. Je ferme les yeux, le sommeil ne vient pourtant pas...je vais crouler, au moins le temps passera.!..
10h40
Les caractères du livre s’estompent...Je relis dix fois la même ligne...Qu’est-ce que ça veut dire...m’en fiche...
Sous l’avion, passage de gros moutons en désordre. Cet avion est d’une lenteur !!!.
Murmures, bruits étouffés, sifflements, chuintements, consonnes gutturales qui font vibrer fort une corde de la mémoire, brides de discours emberlificotés d’hommes d’affaires qui n’ont pas de temps à perdre.....En bas, toujours des moutons, une ligne rose à l’ horizon. Les moutons changent de forme, ils s’éffilochent, petits flocons de coton à la queue leu leu...
10h45
L'hôtesse passe des fiches à remplir ...formalités, nom, prénom, née à..., née à..., née à..... MON DIEU !
On descend, je ne vois plus rien, le coeur bat la chamade, je touche le sol ! J’ai volé 44 ans !
J’ai attéri enfin..


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