
L'Epiphanie est, pour les enfants italiens, une fête très attendue et bien particulière. Dans tout le bassin méditerranéen, on ne retrouve qu'ici le personnage de cette vieille femme, mi-sorcière mi-fée, vêtue de chiffons colorés , édentée mais souriante, qui, un foulard sur la tête et un balai de paille à la main, s'en va, dans les rues des villages et des villes, distribuer des bonbons et des douceurs aux enfants sages et du charbon aux méchants petits chenapans...On l'appelle la BEFANA.
L'origine de ce substantif est clairement une déformation du mot épiphanie, faite dans les milieux ruraux, il y a certainement longtemps...
La tradition de l'arrivée de cette vieille mégère bienfaisante, au cours de la douzième nuit après la naissance de Jésus, remonte aux célébrations liées au début du carnaval. A Florence, par exemple en 1400, on célébrait l'arrivée des Mages par des défilés de chars animés de personnages au visage peint en noir et aux vêtements voyants et coloriés appelés "befanotti" qui chantaient et agitaient des fantoches en chiffons, au visage féminin, au bout de longues piques...
Les vieilles civilisations paysannes célébraient, en février, des rites ancestraux pour obtenir de bonnes et abondantes récoltes. Ces rites, conservés par la tradition chrétienne, sont encore imprégnés de vieilles coûtumes paiennes(saturnalia).
Dans les villages, on accueillait à coups de baton la Befana, qui représentait la vieille saison qui s'en allait, en emportant avec elle tous les tracas, les malheurs et les ennuis...Les villageois donnaient alors aux chanteurs et musiciens du cortège des dons de toutes sortes : oeufs, jambon , fromage etc...
Alors, chantons avec les enfants "viva, viva la Befana!"
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